L’Artibonite, théâtre d’une insécurité grandissante, a été le théâtre d’une attaque sanglante contre la Mission Multinationale de Sécurité (MMSS), mardi 25 mars 2025. Une patrouille conjointe entre la Police Nationale d’Haïti (PNH) et les forces kényanes a été prise dans un piège tendu par le gang « Gran Grif » à Savien, dans la commune de Petite-Rivière de l’Artibonite. L’assaut a causé la mort d’un officier kényan, l’incendie de trois véhicules blindés et l’exécution de deux membres des forces de sécurité haïtiennes. Deux bandits du gang ont également été tués lors des échanges de tirs.
Un traquenard fatal pour les forces de sécurité
L’incident s’est produit aux alentours de 16h30 lorsque qu’un véhicule blindé de la PNH, en patrouille dans la zone de Pont-Sondé sur l’axe Carrefour Paye-Savien, s’est retrouvé coincé dans un fossé creusé par des gangs armés. Face à cette situation critique, la MMSS a rapidement déployé deux véhicules MRAP (Mine-Resistant Ambush Protected) pour venir en renfort. Cependant, l’un des blindés est tombé dans le même piège, tandis que le second a été immobilisé par une panne mécanique, laissant les forces de sécurité vulnérables.
Profitant de cet avantage stratégique, les hommes lourdement armés de « Gran Grif » ont lancé une attaque brutale, ouvrant le feu sur les agents de sécurité. Dans cet affrontement violent, un officier kényan a été abattu, son identité n’ayant pas encore été dévoilée. Après avoir pris le contrôle de la situation, les assaillants ont incendié les trois véhicules blindés, signant un nouvel affront aux forces internationales et nationales.
Une mise en scène macabre devenue une signature des gangs
Comme cela devient une pratique récurrente chez les groupes criminels, les bandits ont immortalisé leur forfait en filmant la dépouille de l’officier kényan, une mise en scène macabre destinée à semer la terreur et à renforcer leur propagande. Cette méthode, tristement observée par le passé avec les corps de policiers haïtiens et de soldats des Forces Armées d’Haïti, témoigne d’un degré de barbarie sans précédent dans l’évolution de la criminalité en Haïti.
L’Artibonite, tombeau des forces kényanes en Haïti
Avec ce nouvel assassinat, l’Artibonite devient une zone hautement périlleuse pour la MMSS. Le premier officier kényan officiellement tué, Samuel Tompoi Keatuai, avait succombé à ses blessures par balles le 23 février dernier dans cette même région. Deux policiers étrangers tombés au combat, dans le même département, en l’espace de quelques semaines, soulèvent de sérieuses interrogations sur la capacité de la mission internationale à contenir l’expansion des gangs et à rétablir un semblant d’ordre.
Pendant ce temps, la population, otage de cette guerre asymétrique, continue de vivre sous la menace constante des gangs qui défient quotidiennement l’autorité de l’État.











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